Road trip à moto dans le Lubéron & les Alpes : mes incontournables (1/3)

(Image par Romain Zimmer)

Depuis mon voyage au long cours de 2018 dont je vous parlais ici et (ou encore par ici et par là !), je n’ai plus voyagé à l’étranger mis à part à Bruges le temps d’une journée (et encore !) début 2019. Faut le faire quand même ! Je m’explique. J’ai toujours aimé voyager mais comme il s’agissait de voyages peu fréquents qui duraient entre 4 jours et 2 semaines je n’étais pas bien sûre que ce soit quelque chose qui compte vraiment pour moi, quelque chose qui soit plus qu’un simple loisir comme c’est le cas pour plein de monde. Ce que je savais par contre c’était que je me sentais vivante quand je voyageais, que je voulais que mon temps libre ressemble tout le temps à ça et je pressentais que voyager était/serait pour moi quelque chose de très important genre un truc qui donne du sens à ma vie. Du coup, je voyageais comme la plupart des gens au gré des possibilités sans en faire une priorité, c’était un loisir comme un autre je dirais. Je me sentais vibrer quand ça arrivait et je ressentais une timide envie de voyager plus (fréquence et durée) mais je ne faisais rien pour changer mes habitudes de voyage : un voyage tous les deux ans pendant environ une semaine, même si j’en étais souvent l’instigatrice. Je pressentais donc qu’il y avait quelque chose avec les voyages car je me sentais vivante en voyageant ou en me projetant dans de futurs voyages et en plus j’étais envieuse vis-à-vis des gens qui avaient la chance de voyager souvent. Bref.

Après mon voyage de 4 mois et demi en Europe avec mon copain et mon chat en 2018, j’ai eu la confirmation qu’il y a bien un « truc » spécial entre moi et les voyages. 🙃 Ce voyage avait été révélateur et me mettait le pied à l’étrier pour désormais voyager plus. J’avais l’intention de voyager au moins trois fois par an et non plus une fois tous les deux ans comme c’était le cas avant ce voyage-déclic. J’étais prête à faire des voyages solo (enfin « prête » est un bien grand mot, disons plutôt que j’y songeais pour la première fois de ma vie) pour assouvir mes besoins/envies de voyage et je commençais à me documenter sur le sujet.

(Image par 11417994 de Pixabay)

Suite à cela, je n’ai plus attendu que des opportunités surgissent mais j’ai décidé de les créer moi-même. Je pensais que de le vouloir fort et d’agir en ce sens allait forcément me permettre d’atteindre mon but (ben voyons !). C’était sûr, c’était logique. Oui mais non ! La vie a dit non ! Quand je ne remuais pas ciel et terre et me contentais de saisir des occasions par-ci par-là les voyages se concrétisaient mais quand je fais tout pour que ça se réalise il ne se passe rien ? Et ouais.. ! Enfin, petite précision : là je parle de voyages avec d’autres personnes, pas de voyages solo car a priori si je me consulte et que je tombe d’accord avec moi-même pour organiser un voyage avec moi-même normalement ça devrait se faire ! Quoique, ça c’était sans compter la crise sanitaire mais bref là on est avant tout ça dans la chronologie. Dès que je suis rentrée de mon incroyable voyage fin 2018, je ne rêvais que d’une chose : repartir. Pas forcément un vrai voyage tout de suite tout de suite mais la bougeotte était toujours présente. Alors je me suis agitée en France en faisant des petits séjours à droite à gauche pour voir de la famille et des amis. Et c’est comme ça que j’ai atterri à Bruges le temps d’une « journée » début 2019. A ce moment-là je n’avais pas encore tenté de faire un nouveau voyage à l’étranger même si j’y pensais beaucoup. Quelques mois plus tard, le moment d’en organiser un est arrivé et j’ai essayé. Mon copain avait évoqué la Slovénie pour la période estivale mais ça ne s’est pas fait parce que monsieur tout compte fait n’avait pas envie de voyager à nouveau dans l’immédiat, comme s’il avait eu sa dose de voyages pour un moment. J’ai calculé que si on avait gardé notre rythme pépère d’un voyage tous les deux ans eh bien on aurait mis 15 ans environ (au lieu de 4 mois et demi) pour découvrir tous les pays qu’on a découverts pendant notre voyage au long cours ! Donc oui vu sous cet angle je comprends que mon copain avait eu sa dose pour un moment. Mais pas moi. Loin de là. Je voulais continuer sur cette lancée. J’imaginais tous les pays que je pourrais découvrir dans ma vie et qu’est-ce que j’allais pouvoir en caser en intensifiant mon rythme, le rêve ! Bref, c’était donc ce que je croyais. J’ai pour la première fois tenté de programmer des voyages avec d’autres personnes que mon copain et tout est tombé à l’eau : l’Angleterre, les Pays-Bas, pour l’été, pour l’automne, tout.

(Image par Ryan McGuire de Pixabay)

Je me suis donc retrouvée fin 2019 avec aucun nouveau voyage à mon actif et j’étais frustrée. C’est à cette période que j’ai commencé à remettre en cause ma croyance (apparemment fausse) acquise depuis quelques années selon laquelle je pouvais faire ce que je voulais de ma vie. A force de bouffer du développement personnel j’avais fini par y croire et la réalité de ma vie en cette période post-voyage au long cours a été une douche froide. Bref. On était donc fin 2019 et je me suis dit : « il me reste deux mois pour faire un voyage cette année, eh bien je vais tenter le voyage solo ! ». Je m’étais renseignée depuis quelques mois, je devais sentir venir les plans voyages foireux avec les autres humains que moi-même ! Comme je vous en parlais ici je n’ai pas réussi à dépasser ma peur de voyager seule à l’étranger donc je suis allée à Lyon pour me tester en France d’abord et le but était d’aller ensuite en Espagne car je parle la langue et j’adore tout ce qui concerne cette langue. 😁 Malheureusement/heureusement, mon petit voyage solo à Lyon m’avait apporté ma dose d’aventure pour quelques temps et du coup je ne tenais plus à aller à Grenade en décembre mais ce serait pour l’année suivante. Bon vous vous demandez peut-être quel est le rapport entre tout ce blabla et le titre de cet article ? J’y viens, j’y viens !

(Image par Pexels de Pixabay)

Je continue donc mon bonhomme de chemin puis l’envie de voyager à l’étranger me titille à nouveau au mois de février 2020. Arf, la dose d’aventure ressentie à Lyon ne faisait plus effet ! Je me renseigne pour aller à Séville ou à Göteborg pour éviter le périple qui me stressait tant pour aller à Grenade. Je ne saurai jamais si j’aurais réussi à franchir le pas car quand j’ai dit à mon copain « t’en penses quoi, c’est une bonne idée que je fasse mon voyage solo à l’étranger en cette période avec le virus qui vient d’arriver en Italie blablabla ? », il me répond « non je pense que ce n’est pas le meilleur moment blablabla » et donc je ne suis pas partie et me suis contentée de me refaire un petit séjour en France pour voir des potes. Avec une copine avec qui je n’avais pas encore essayé d’organiser un voyage, on voulait se faire un voyage à l’étranger au mois de mars 2020, on connaît la suite… Pour moi c’était insurmontable de voyager solo à l’étranger avec la crise sanitaire. J’avais déjà peur de voyager seule en temps normal alors je n’allais pas en plus me stresser avec les risques d’annulation de mon voyage, les tests pcr et la crainte de rester bloquée je ne sais où. J’avais envie de voyager, c’est clair, mais faut pas oublier que je suis une trouillarde moi ! En plus de toutes mes peurs liées au voyage solo, j’imaginais le stress d’être positive juste avant le départ ou de ne pas obtenir le résultat du test PCR à temps (j’en connais dans mon entourage qui ont vécu ça) et donc de devoir tout annuler sans parler des autres risques. Non non non, c’était définitivement trop pour moi. Et bien sûr, si je n’avais pas réussi à motiver mon entourage pour m’accompagner en 2019 ce n’était pas en 2020 avec la crise sanitaire que j’allais plus y arriver hein ! J’ai essayé un peu et parfois je lançais à mon copain, désespérée : « je m’en fous cette année moi je voyage quand même ! » en mode hyper déterminée mais bien sûr mes peurs me rattrapaient et il ne se passait absolument rien.

(Image par Free-Photos de Pixabay)

Evidemment que ce n’est pas l’enfer de ne pas pouvoir réaliser ses rêves de voyages, surtout après un si beau voyage au long cours, bien sûr que plein de monde n’a pas eu cette chance, que je peux m’estimer heureuse, que j’ai pas mal voyagé pour mon âge mais si je passe mon temps à me dire ça je les réalise quand mes autres rêves de voyage ? Par contre, c’est clair que j’ai une vision tronquée de la réalité qui n’aide pas : je crois que voyager à l’étranger c’est mieux que de bouger en France, je crois que voyager à l’étranger c’est ça « vraiment » voyager et plus j’attends pour voyager plus je fais une fixation et suis frustrée. J’ai un tas de croyances limitantes sur le sujet et j’en suis bien consciente, je sais combien c’est absurde ! Peut-être qu’à force de frustrations je vais partir faire un tour du monde sur un coup de tête en solo ! Plus j’accumule de frustrations, plus je fais une fixette, plus j’attends d’années pour enfin revoyager à l’étranger, plus le prochain voyage sera fabuleux ! Le pire (ou le mieux ?) c’est que je ne plaisante qu’à moitié. Comment dire… Je ressens cette frustration depuis bientôt 3 ans et pendant tout ce temps j’ai ressenti au fond de moi que je pouvais faire une folie en lien avec les voyages à force d’en avoir marre. La question c’est : à quel moment est-ce que ça arrivera ?! Malgré mon côté hyper trouillarde je sais que je suis capable d’une folie du genre, ne dit-on pas que « les folies sont les seules choses qu’on ne regrette jamais » ? (Oscar Wilde, j’ai une carte postale avec cette citation affichée chez moi, je vous disais !)

Où j’en étais ? Ah oui. J’ai pas mal bougé en France toute l’année 2020, entre les confinements et restrictions, et pendant l’été je suis allée à Toulouse avec la copine avec laquelle je devais aller à l’étranger en mars. J’avoue que j’ai ressenti autant d’excitation à Toulouse que quand je vais à l’étranger et ça me l’avait aussi fait pendant mon petit voyage solo à Lyon (vous voyez je le minimise alors que si ça avait été à l’étranger j’aurais écrit « mon incroyable voyage solo » !). Mais ce n’est pas tout à fait pareil car ce n’est pas l’étranger (quand j’vous dis que j’ai un problème) ! Fin novembre 2020, cela faisait déjà deux ans que je n’avais plus voyagé à l’étranger (sans compter les quelques heures à Bruges, est-ce que je peux dire que je suis allée à Belgique avec ça ?!) alors que je voulais voyager plus qu’une fois tous les deux ans. Je n’arrivais pas à y croire.

(Image par Larisa Koshkina de Pixabay)

2021 arrive et mon premier séjour en France tarde à voir le jour à cause du travail, du confinement et des restrictions. Cela se produit enfin en mai (comment est-ce possible ?!). Mon copain est décidé à voyager à nouveau (yes !) et on projette d’aller en Suisse pendant l’été. Nooon, je vais revoyager à l’étranger ? Ça va se reproduire enfin ? Mouais. Je reste sur la défensive, je ne veux pas me faire de fausse joie donc je prends tout ce qu’il me dit avec des pincettes. On devait faire un road trip en moto avec un pote à lui en Suisse donc. Ah ça implique une autre personne en plus ? Ça ne se fera jamais, c’est sûr ! Je m’implique dans leurs projections en me disant que ça risque fortement de tomber à l’eau et donc que je ferais bien de me programmer un voyage solo en France en plus de ce vague projet, au cas où. Finalement, on comprend rapidement qu’on n’ira pas en Suisse car on n’est pas vaccinés et que ça risque de nous coûter cher en tests PCR cette affaire. Enfin, moi j’étais prête à tout pour aller à l’étranger j’avoue (tiens donc ?), mais ce n’était pas leur cas, of course ! Changement de plan donc. C’est beau la France aussi ? On décide de rester en France. Tiens donc ? Encore, encore, encore la France. Ok j’ai compris, l’étranger ça ne sera pas non plus pour 2021. Sauf si je me fais vacciner, qu’il ne faut pas de test PCR où je décide de me rendre et si j’arrive enfin à vaincre ma peur de voyager seule à l’étranger. Il y a beaucoup de « si » mais ça avance, non ? Bon, misons sur 2024 plutôt. Enfin bref, de mon côté, je regarde où je pourrais aller en France mais aussi à l’étranger je ne sais pourquoi, je me berce d’illusions, m’imaginant tantôt aller dans le Sud-ouest, tantôt à Fuerteventura pour l’été 2021 ! Je commence à comprendre que notre road trip prend forme tout compte fait, qu’on en parle vraiment, qu’on réfléchit destinations, itinéraires, tout ça tout ça. « Oui mais tant que rien n’est réservé rien n’est sûr » me murmure une petite voix dans ma tête. C’est pas faux, attendons le moment des réservations des logements pour y croire. On voulait aller dans le Lubéron et dans les Alpes et ce en deux fois pour retrouver notre chat entre-temps et se reposer un ou deux jour(s) entre les deux destinations. Faut savoir que mon copain avait eu son permis moto en octobre 2020 et son pote en mai 2021. Je précise aussi qu’une fois j’avais dû faire plus de 4h de moto et mon corps ne l’avait pas du tout bien vécu alors j’imaginais que ça allait être une torture pour moi. A tel point que j’hésitais à prendre le train pour aller dans les Alpes. On s’est mis à hésiter entre appartements Airbnb et camping sauvage et là j’ai à nouveau douté sur la probabilité que ce voyage ait lieu. Acheter des tentes, les emporter avec nous sur les motos ? (Je sais, je crée mes propres règles de syntaxe sur mon blog, les règles qui existent ne me permettent pas de m’exprimer comme je veux alors je fais à ma sauce !) Un point sur le budget m’a aussi fait imaginer un énième faux-plan.

Que nenni ! Un mois avant le road trip nous avions réservé le logement dans le Lubéron et une dizaine de jours avant nous avions réservé tous nos logements dans les Alpes. Il semblait bien que ça allait bel et bien avoir lieu  ! J’ai donc mis mon projet de voyage solo en France de côté et j’ai commencé à y croire. Bon ce n’était pas l’étranger hein mais ça sentait l’aventure quand même, non ? Ahhh que j’aime cette odeur ! 😍

4 Replies to “Road trip à moto dans le Lubéron & les Alpes : mes incontournables (1/3)”

  1. Superbement raconté ! Récit fluide et vivant. Un plaisir de te lire 🤩

    1. Coucou Marie-Laure, je te remercie cela me fait très plaisir ! 🙂

  2. Coucou!
    Ah vite, écris la suite! Vous y êtes parvenu, en Suisse?! Et le Lubéron? J’imagine que oui, vu le titre (lol).
    Il est vrai que l’on pense souvent que l’étranger, c’est mieux, mais il y a toujours tellement à découvrir dans son propre pays. En tout cas, vous les Français, vous avez une chance merveilleuse: la France a tellement à offrir! C’est été, avec maman, on a fait la Puisaye, la Loire-et-Maine, La Rochelle, Bordeaux, et enfin l’Hérault. Ce que c’était beau!! J’aimerais acheter un petit van et faire le tour de la France, pendant une année au moins, pour bien découvrir… one day!
    Je me réjouis de lire la suite!
    À tout bientôt,
    Patricia

    1. Coucou Patricia, merci beaucoup ! 😊 Je te laisse le suspens jusqu’à ce que je me motive à écrire la suite. Je vais essayer de commencer ce soir à moins que je ne décide de faire une pause avec un article sur une autre thématique avant. Oui mais tu vois pour toi la France c’est l’étranger ! Je plaisante, peut-être que tu adores visiter ton propre pays et ne ressens pas comme moi ! 😉 Eh bien, je ne pense pas connaître les endroits où tu es allée cet été. C’est top ! J’hésite à aller à Bordeaux depuis environ deux ans, est-ce que tu me conseilles cette ville ? J’ai une amie qui n’a pas spécialement aimé du coup je suis sceptique. J’aimerais aussi faire un road trip en van mais je ne sais pas où exactement. Je te souhaite de tout cœur que ton rêve se réalise (ainsi que celui de la tiny house of course) ! 🤞 A bientôt !

Laisser un commentaire