Mon premier voyage solo à l’étranger : quelques jours à Séville (partie 1)

(Image par Pexels de Pixabay)

Je me demandais si le jour où j’allais écrire ces lignes allait arriver. Parfois je me disais que c’était sûr, j’allais faire un voyage solo bientôt et enfin voyager à nouveau. A d’autres moments, je désespérais et pensais que cela ne se produirait peut-être jamais de ma vie à cause de mes peurs. Pour rappel, fin 2019, à force de plans voyages tombés à l’eau, j’en suis arrivée à la conclusion que si je voulais à nouveau voyager à l’étranger ou en tout cas voyager autant que je le souhaitais dans ma vie, il allait falloir compter sur moi uniquement et donc me lancer dans le voyage solo. En parallèle de toutes ces déceptions de 2019, je regardais des vidéos sur ce sujet avec envie. A chaque fois que je me projetais j’étais tétanisais, c’était inimaginable pour moi d’être seule dans un autre pays que la France. J’avais la peur presque insensée de ne plus avoir de téléphone ou d’argent et de rester bloquée à l’étranger.

Avant 2019, l’idée de voyager seule ne m’avait absolument jamais traversé l’esprit. Je voyageais une fois tous les deux ans avec autrui et ça m’allait. Je ressentais pourtant quelque chose de particulier pour les voyages et m’imaginais faire des PVT, je regrettais de ne pas avoir fait Erasmus et l’Assistanat en Espagne pendant mes études d’espagnol alors que j’aurais pu le faire et je rêvais d’un tour du monde. Puis, il y a eu mon voyage de 4 mois et demi en Europe avec mon copain et mon chat dont je vous ai beaucoup parlé ici, , par ici ou encore par . Ça a confirmé ce truc pour les voyages que je ressentais déjà pendant mes voyages de quelques jours à deux semaines : je me sentais vibrer et voulais que ma vie soit toujours comme ça. Enfin, après réflexion je ne voudrais pas voyager tout le temps mais avoir un chez-moi en France et voyager plusieurs mois par an. Le rêve ! Comme j’aime autant le changement que j’en ai peur cela m’apporterait à la fois une stabilité et des repères la plupart du temps et ma dose d’aventure et de découverte. Mon équilibre. Bref, pendant tous ces voyages j’étais accompagnée. Petite, par la famille puis, par mon copain. Je n’envisageais pas le voyage autrement qu’avec autrui ! Je n’en avais ni l’envie ni le besoin.

(Image par sasint de Pixabay)

Eh bien, fin 2019 j’ai vite compris que j’allais vraiment avoir besoin d’envisager le voyage en mode solo. En gros, dans ma tête c’était le voyage solo ou ne plus voyager ou en un poil plus réaliste : le voyage solo ou ne jamais voyager autant que je le voudrais. Après mon voyage au long cours de 2018, j’ai décidé que dorénavant j’allais voyager au moins trois fois par an sur de courtes périodes ou bien au moins un mois par an. J’avais décidé d’augmenter la fréquence de mes voyages mais mon copain n’a pas eu la même envie et avec les autres personnes de mon entourage qui aiment voyager tout est tombé à l’eau. Du coup, un jour de novembre 2019, voyant la fin de l’année approcher à grands pas, j’ai voulu tenter l’expérience du voyage solo. Je voulais aller à Grenade suite à la lecture d’un livre quelques années en arrière. Le choix a vite été fait car je voulais aller dans un pays d’Europe, pas trop loin de la France, dont je parle la langue et qui m’intéresse suffisamment pour que ça vaille le coup d’affronter mes peurs. La destination était parfaite. Enfin… L’idéal aurait été une destination où j‘aurais pu me rendre avec un seul vol mais ce n’était pas le cas pour Grenade. En plus, comme je voulais me débrouiller pour aller à l’aéroport qui se trouve dans la ville la plus proche de chez moi, eh bien il fallait que je prenne un train puis un bus ou peut-être deux trains et déjà ça me stressait d’avoir toutes ces étapes avant le vol. Faut dire que je me suis compliqué la vie. C’était peut-être un acte manqué pour ne pas passer à l’action, qui sait ! J’ai quand même cherché des vols, je voulais partir au mois de décembre pour voir les illuminations de Noël et en prendre plein les mirettes. J’avais parlé de mon projet à mon copain et un soir quand je lui ai annoncé que j’allais réserver il m’a dit d’attendre un peu car peut-être qu’il se déciderait à faire ce voyage avec moi. C’était un faux espoir… Ça m’a coupé l’envie de faire ce voyage solo pendant plusieurs jours. Quand c’est revenu, je me suis à nouveau mise en quête des meilleurs vols. Quand j’ai enfin trouvé les vols qui coïncidaient le mieux, au moment de cliquer pour réserver : gros blocage. Impossible de cliquer. Gros stress. Je n’avais pas prévu ça ! Bon… Je me suis dit que ce serait peut-être bien que je fasse d’abord un voyage solo en France pendant quelques jours dans une ville au moins aussi grande que Grenade et dans une ville qui soit digne d’intérêt disons. Je voulais aller à Bordeaux mais à cause des intempéries les trains depuis chez moi n’y circulaient plus à la période que je souhaitais c’est-à-dire quelques jours plus tard, toujours en novembre 2019. Ok… J’avais entendu du bien de Lyon par deux personnes de mon entourage tout récemment et donc je me suis lancée dans mon premier voyage solo en France comme je vous le racontais dans cet article. Après m’être demandé ce que je faisais là-bas et après m’être rappelé que je n’avais pas le sens de l’orientation car j’ai vite galéré à trouver mon chemin (forcément, normalement c’est mon copain qui fait le GPS et moi je suis !), j’ai passé un super séjour à Lyon ! Ça m’a prouvé que je pouvais me débrouiller seule et ça m’a montré que même seule je pouvais passer de bons moments tellement j’adore voyager ! C’était hyper encourageant pour la suite ! Par contre, au retour, il n’était plus question d’aller à Grenade, j’avais eu ma dose d’aventure pour un moment…

Quand l’étincelle s’est rallumée, il y a eu le Covid, ma peur s’est évidemment amplifiée dans ce contexte, mon entourage ne voulait toujours pas partir, c’était même pire par les temps qui couraient. Bref. Pas de voyage à l’étranger pour moi ni en 2020 ni en 2021 non plus. Ç’aurait pu se faire en 2021 car on voulait faire un roadtrip en Suisse avec mon copain et un pote mais ils ne voulaient pas débourser la somme demandée pour les tests PCR. Moi comme j’étais totalement folle sur la question du voyage, tellement j’étais en manque, j’étais prête à payer par contre ! 😵 Ah bon ?! Quand le pass sanitaire est arrivé j’y ai vu l’opportunité de voyager sans me stresser avec les tests PCR, sans le risque que tout soit annulé au dernier moment si j’étais positive par malchance ou pire que je sois bloquée à l’étranger. Oui mais je n’arrivais pas à choisir entre me faire vacciner et ne pas me faire vacciner donc les semaines ont passé, on a fait notre roadtrip en France avec mon copain et son pote comme je vous en parlais ici et , et voilà. J’ai fini par me faire vacciner environ 2 mois plus tard mais mon pass était valide à peine quelques jours avant le début d’un remplacement que j’allais faire. Finalement mon emploi a commencé un peu plus tard mais je ne pouvais pas prévoir. Puis bon j’avais toujours cette énorme peur alors je pense que je me trouvais des excuses soyons honnêtes ! Je préférais vadrouiller en France pour voir des amis plutôt que de me prendre ce billet d’avion tant attendu.

A vrai dire je ne pense pas avoir eu un élément déclencheur en particulier mais ça a été une accumulation de petites choses qui mises bout à bout m’ont permis de franchir le pas. D’abord, il y a eu le pass vaccinal : maintenant qu’il n’y avait plus ce stress des tests et d’un risque d’annulation ou d’être bloquée là-bas si je choppais le Covid eh bien je pouvais réessayer de réserver un vol comme j’avais voulu le faire en février 2020 avant de me rendre compte que ce n’était peut-être pas le meilleur moment avec l’arrivée du Covid dans le monde. Ensuite, je me suis inscrite sur des groupes Facebook de voyageuses solo en plus de mes autres groupes de voyages. J’ai parlé de ma situation et j’ai reçu plein d’encouragements qui m’ont aidée un peu plus. Je n’écartais pas l’idée de partir avec des inconnues via « Copines de voyage » par exemple et regardais de temps en temps les destinations proposées. Oui mais là ce qui me gênait c’était de partager ma chambre avec des inconnues donc je troquais une peur contre une autre en quelques sortes. J’ai continué à essayer de motiver mon entourage. Rien ne s’est concrétisé, c’est resté au stade de paroles avec mon copain et une copine mais ça pourrait peut-être se faire dans l’année. Mais moi je voulais que ça arrive vraiment et maintenant ! Un jour, je ne sais plus pourquoi, j’ai parlé des péripéties que j’ai vécues en voyage en étant seule. En 2015, je suis allée en Espagne chez une amie qui était assistante de langue là-bas. Je devais prendre un avion pour Madrid, puis un bus ou un train selon mon heure d’arrivée. J’avais bien fait de ne rien réserver en fonction de mon horaire théorique d’arrivée à Madrid car mon vol a eu un gros retard. En arrivant à l’aéroport j’ai constaté que je ne pouvais pas téléphoner avec mon portable. J’ai pris mon billet d’avion et ai parlé de ce problème à la personne de l’aéroport. Il fallait que je l’éteigne et le rallume mais comme une c*** je n’avais pas noté mon code pin et j’avais un gros doute (forcément, sinon c’est pas drôle !). Je ne le fais pas et monte dans le train. Je me mets à parler avec un jeune couple de mon problème car je devais prévenir mon amie de la solution de transport que j’avais choisie et de mon heure d’arrivée. J’ai fini par éteindre mon portable en vue de le rallumer car c’était apparemment ma seule solution mais là gros trou de mémoire concernant le code pin. Je fais une première erreur, le stress monte et je finis par trouver le bon code. Ouf. Oui mais aucun changement suite à ça ! En fait c’était juste qu’avec mon forfait je ne pouvais tout simplement pas appeler depuis l’étranger ! Pfff ! Je demande donc au couple de me prêter leur téléphone, heureusement ils acceptent (voilà pourquoi je voulais pouvoir parler la langue du pays pour mon premier voyage solo !) et je parviens à appeler mon amie. Ça a été un stress immense et le fait de raconter cette anecdote m’a rappelé que j’avais réussi à surmonter ça et qu’il ne pouvait pas vraiment m’arriver pire (toutes proportions gardées bien sûr) ! Je me suis aussi souvenu que je n’étais pas si stressée quand j’avais rejoint mon amie avant le jour j, que j’étais déjà allée la voir dans une autre ville d’Espagne seule auparavant, enfin bref que j’avais déjà vécu certaines expériences et galères solo en voyage finalement. J’avais aussi parlé avec quelques filles de groupes Facebook sur les voyages solo où je m’engageais à franchir le pas. Ah et aussi, j’avais un laps de temps précis entre la fin de mon remplacement et le début du suivant donc en gros c’était « maintenant ou jamais » ou en tout cas pas avant des mois et des mois (bon il s’avère que je peux poser des jours de congé mais j’avais zappé donc je l’avais vraiment ressenti comme ça et tant mieux !). Grâce à tous ces événements, je me suis donc remise en quête de billets d’avion avec l’espoir de parvenir à cliquer cette fois-ci !

(Image par innokurnia de Pixabay)

Je me suis dit que c’était dommage de ne partir que 4 jours à Grenade car ça me disait tellement et j’étais sûre que cette ville méritait plus de temps et que j’allais le regretter. Il fallait donc que je trouve une ville qui m’attire quasi autant mais qui ne nécessiterait pas forcément plus de 4 jours. J’ai donc directement pensé à Séville car j’y étais déjà allée un après-midi et une soirée avec une amie. Le problème c’est que quand j’avais envisagé ça en février 2020 je n’étais pas hyper emballée car j’avais l’impression que j’avais déjà tout vu et que c’était nul d’aller dans une ville où j’avais déjà mis les pieds ne serait-ce que quelques heures. Heureusement début février 2022 je n’ai pas repensé à tous ces aspects négatifs, j’envisageais les choses autrement. Pour ne pas me retrouver comme fin 2019 avec en plus de la peur du voyage solo, la peur de rater l’avion avec les trains et les bus juste avant j’ai décidé d’aller faire un séjour dans la ville où j’habitais avant où je vais voir des amis régulièrement et de partir de là-bas après mon séjour car il y a un aéroport. J’avais écarté cette possibilité fin 2019 car je me disais que j’allais me sentir seule de cumuler les deux séjours : même si quand je retourne dans ma ville d’avant je vois des amis je passe aussi du temps seule. Bref, en 2019 j’ai eu peur de la solitude et donc de ne pas aimer mon voyage solo. Eh bien, en février 2022 quand j’ai tout réservé je n’ai plus vu ça comme un obstacle. Faut dire ce qui est, j’étais vraiment déterminée ! Je voyais un obstacle quand même : il n’y avait pas de vol direct, il fallait obligatoirement faire une escale à Barcelone. Ça me stressait trop. Mais c’était le cas pour plein de destinations. J’ai cherché des vols directs ailleurs et j’en ai trouvé pour aller en Suisse. Limite j’allais me décider à y aller, quand j’ai pris conscience du fait que je n’en avais pas spécialement envie en fait !! J’ai trouvé le vol idéal, alors pas du tout en termes de prix mais en termes d’horaires. Je voulais pouvoir arriver en journée et certainement pas le soir. Pour les prix, on repassera parce que j’ai mis une blinde dans ces billets. Je me suis dit que c’était pour la bonne cause, c’était maintenant, c’était avec ces horaires, c’était depuis cet aéroport et que pour les bonnes affaires je m’améliorerais au fur et à mesure de mes voyages solo. Voilà. Au départ, je voulais prendre des billets non remboursables car moins chers mais j’ai douté. J’ai vraiment failli les prendre mais je me suis dit attends il y a toujours le Covid, tu as hyper peur de faire ce voyage alors s’il faut à tout moment tu n’y vas pas, ce n’est pas très raisonnable. J’ai donc pris des billets plus chers que je pouvais annuler quasiment jusqu’au dernier moment. Ce n’est pas ça qui m’a aidée à cliquer car j’allais le faire avec les billets non remboursables. Comme quoi, il me fallait vraiment tout ce temps et tout ce cheminement pour réussir à dépasser ma peur !

Je me souviens que c’était le 7 février enfin le 8 du coup, vers minuit/1h du matin. Je me suis levée du canapé, je suis allée chercher ma carte bleue comme si j’allais commander des chaussures, et j’ai réservé mes billets. Aussi simple que ça. Ouais, enfin… A partir de ce moment-là, j’ai été envahie par un stress intense. Je n’ai pas dit à mon copain que j’allais prendre mes billets au moment où je l’ai fait car j’avais peur que ce qu’il me dirait me fasse changer d’avis. Par contre, il savait que ça pouvait se produire à tout moment, je l’avais prévenu plusieurs fois. En fait, mon copain avait peur que je voyage seule donc il ne m’aidait absolument pas à franchir le pas et accentuait ma peur avec la sienne. Le lendemain, j’ai ressenti un mélange de stress et d’excitation et à un moment donné de la journée je lui ai annoncé. Il n’a pas trop compris car on projetait de voyager ensemble cette année du coup moi je culpabilisais et me demandais ce qui m’était passé par la tête. J’ai passé plusieurs jours de stress puis en en reparlant avec mon copain j’ai compris que je n’avais aucune garantie qu’un voyage avec lui allait se produire cette année. En plus, comme il me disait, l’un n’empêchait pas l’autre, ce n’était pas parce que j’allais faire ce voyage solo qu’on ne pourrait pas voyager tous les deux cette année ! Ça m’a fait déculpabiliser et un peu déstresser dans le sens où c’était vraiment soit maintenant seule soit je ne sais vraiment pas quand avec quelqu’un. J’avais réservé l’hôtel le lendemain puis décidé de ne plus penser à ce sujet pendant un mois jusqu’au jour j ! J’ai rangé cette information dans un coin de ma tête et j’ai veillé à n’en parler à personne et à dire à mon copain, quand il m’en parlait, que je pouvais tout annuler à tout moment. Ça me rassurait finalement de pouvoir tout annuler. Enfin oui et non du coup. Ça calmait mon stress de me dire que je pouvais annuler mais moi je voulais que ça ait lieu donc c’était le risque que je ne saute pas le pas alors que c’était en si bonne voie pour une fois.

Une semaine avant le vol, jour pour jour, quelque chose s’est déclenché dans ma tête et le stress a commencé à s’emparer de moi. Un peu plus d’une semaine avant j’y pensais un peu et me disais « c’est bon je penserai à ça lundi » et le lundi paf gros stress. Un stress qui ne m’a pas quittée pendant une semaine. En fait je devais bien y penser car j’avais des papiers à faire et à un moment donné j’ai projeté de préparer mon voyage mais comme c’était trop stressant je ne l’ai absolument pas fait. Bizarre de ne pas faire quelque chose à cause du stress alors que de le faire enlèverait justement du stress ! Enfin, je savais déjà comment aller de l’aéroport jusqu’au centre depuis un mois, quelques jours avant j’ai un peu regardé les monuments à voir et les visites guidées proposées mais vraiment vite fait car c’était trop stressant de me projeter. Puis, la veille du départ j’ai acheté un guide Lonely Planet sur Séville, un peu pour qui soit dit, ça me rassurait d’avoir une version papier des choses à voir. Mon copain me demandait si je partais toujours et je lui répondais que tant que je n’annulais pas c’était que je partais. Il semblait bien que mon premier voyage solo à l’étranger allait enfin avoir lieu !!!

(A suivre…)

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